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Le Sicilien
 
Scène 1ère
Scène 2
Scène 3
Scène 4
Scène 5
Scène 6
Scène 7
Scène 8
Scène 9
Scène 10
Scène 11
Scène 12
Scène 13
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Scène 16
Scène 17
Scène 18
Scènes 19 & 20
 

Le Sicilien, ou L’Amour peintre

Scène XV

ADRASTE, DOM PÈDRE.

DOM PÈDRE: Hé quoi? Seigneur, c'est vous? Tant de jalousie pour un Français? Je pensais qu'il n'y eût que nous qui en fussions capables.

ADRASTE: Les Français excellent toujours dans toutes les choses qu'ils font; et quand nous nous mêlons d'être jaloux, nous le sommes vingt fois plus qu'un Sicilien. L'infâme croit avoir trouvé chez vous un assuré refuge; mais vous êtes trop raisonnable pour blâmer mon ressentiment. Laissez-moi, je vous prie, la traiter comme elle mérite.

DOM PÈDRE: Ah! de grâce, arrêtez. L'offense est trop petite pour un courroux si grand.

ADRASTE: La grandeur d'une telle offense n'est pas dans l'importance des choses que l'on fait: elle est à transgresser les ordres qu'on nous donne; et sur de pareilles matières, ce qui n'est qu'une bagatelle devient fort criminel lorsqu'il est défendu.

DOM PÈDRE: De la façon qu'elle a parlé, tout ce qu'elle en a fait a été sans dessein; et je vous prie enfin de vous remettre bien ensemble.

ADRASTE: Hé quoi? vous prenez son parti, vous qui êtes si délicat sur ces sortes de choses?

DOM PÈDRE: Oui, je prends son parti; et si vous voulez m'obliger, vous oublierez votre colère, et vous vous réconcilierez tous deux. C'est une grâce que je vous demande; et je la recevrai comme un essai de l'amitié que je veux qui soit entre nous.

ADRASTE: Il ne m'est pas permis, à ces conditions, de vous rien refuser: je ferai ce que vous voudrez.


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