Scène VII
NÉRINE, ARGANTE, SILVESTRE, GÉRONTE.
GÉRONTE: Ah! te voilà, nourrice.
NÉRINE, se jetant à ses genoux: Ah! seigneur Pandolphe, que...
GÉRONTE: Appelle-moi Géronte, et ne te sers plus de ce nom.
Les raisons ont cessé qui m'avaient obligé à le prendre
parmi vous à Tarente.
NÉRINE: Las! que ce changement de nom nous a causé de
troubles et d'inquiétudes dans les soins que nous avons pris
de vous venir chercher ici!
GÉRONTE: Où est ma fille, et sa mère?
NÉRINE: Votre fille, Monsieur, n'est pas loin d'ici. Mais
avant que de vous la faire voir, il faut que je vous demande
pardon de l'avoir mariée, dans l'abandonnement où, faute de
vous rencontrer, je me suis trouvée avec elle.
GÉRONTE: Ma fille mariée!
NÉRINE: Oui, Monsieur.
GÉRONTE: Et avec qui?
NÉRINE: Avec un jeune homme nommé Octave, fils d'un certain
seigneur Argante.
GÉRONTE: Ô Ciel!
ARGANTE: Quelle rencontre!
GÉRONTE: Mène-nous, mène-nous promptement où elle
est.
NÉRINE: Vous n'avez qu'à entrer dans ce logis.
GÉRONTE: Passe devant. Suivez-moi, suivez-moi, seigneur Argante.
SILVESTRE: Voilà une aventure qui est tout à fait surprenante!