Acceuil - Homewww.Site-Molière.com
Shop À Vous! Plan Assistance Messages Concordance

Psyché
 
Prologue
Acte Ier
Ier intemède
Acte II
2nd intemède
Acte III
 scène 1
 scène 2
 scène 3
3ème intemède
Acte IV
4ème intemède
Acte V
 

Psyché

ACTE III, Scène première

L'AMOUR, ZÉPHIRE.

ZÉPHIRE

Oui, je me suis galamment acquitté
De la commission que vous m'avez donnée,
Et du haut du rocher je l'ai, cette beauté,
Par le milieu des airs doucement amenée
Dans ce beau palais enchanté,
Où vous pouvez en liberté
Disposer de sa destinée.
Mais vous me surprenez par ce grand changement
Qu'en votre personne vous faites:
Cette taille, ces traits, et cet ajustement
Cachent tout à fait qui vous êtes,
Et je donne aux plus fins à pouvoir en ce jour
Vous reconnaître pour l'amour.

L'AMOUR

Aussi, ne veux-je pas qu'on puisse me connaître:
Je ne veux à Psyché que découvrir mon cœur,
Rien que les beaux transports de cette vive ardeur
Que ses doux charmes y font naître;
Et pour en exprimer l'amoureuse langueur,
Et cacher ce que je puis être
Aux yeux qui m'imposent des lois,
J'ai pris la forme que tu vois.

ZÉPHIRE

En tout vous êtes un grand maître:
C'est ici que je le connais.
Sous des déguisements de diverse nature
On a vu les Dieux amoureux
Chercher à soulager cette douce blessure
Que reçoivent les cours de vos traits pleins de feux;
Mais en bon sens vous l'emportez sur eux;
Et voilà la bonne figure
Pour avoir un succès heureux
Près de l'aimable sexe où l'on porte ses vœux.
Oui, de ces formes-là l'assistance est bien forte;
Et sans parler ni de rang, ni d'esprit,
Qui peut trouver moyen d'être fait de la sorte
Ne soupire guère à crédit.

L'AMOUR

J'ai résolu, mon cher Zéphire,
De demeurer ainsi toujours,
Et l'on ne peut le trouver à redire
À l'aîné de tous les amours.
Il est temps de sortir de cette longue enfance
Qui fatigue ma patience,
Il est temps désormais que je devienne grand.

ZÉPHIRE

Fort bien, vous ne pouvez mieux faire,
Et vous entrez dans un mystère
Qui ne demande rien d'enfant.

L'AMOUR

Ce changement sans doute irritera ma mère.

ZÉPHIRE

Je prévois là-dessus quelque peu de colère.
Bien que les disputes des ans
Ne doivent point régner parmi des immortelles,
Votre mère Vénus est de l'humeur des belles,
Qui n'aiment point de grands enfants.
Mais où je la trouve outragée,
C'est dans le procédé que l'on vous voit tenir;
Et c'est l'avoir étrangement vengée,
Que d'aimer la beauté qu'elle voulait punir.
Cette haine où ses vœux prétendent que réponde
La puissance d'un fils que redoutent les Dieux.

L'AMOUR

Laissons cela, Zéphire, et me dis si tes yeux
Ne trouvent pas Psyché la plus belle du monde?
Est-il rien sur la terre, est-il rien dans les cieux
Qui puisse lui ravir le titre glorieux
De beauté sans seconde?
Mais je la vois, mon cher Zéphire,
Qui demeure surprise à l'éclat de ces lieux.

ZÉPHIRE

Vous pouvez vous montrer pour finir son martyre,
Lui découvrir son destin glorieux,
Et vous dire entre vous tout ce que peuvent dire
Les soupirs, la bouche et les yeux.
En confident discret je sais ce qu'il faut faire
Pour ne pas interrompre un amoureux mystère.


Revenir Haut Continuer

   Site-Molière (1996-2004)