Acceuil - Homewww.Site-Molière.com
Shop À Vous! Plan Assistance Messages Concordance

Monsieur de Pourceaugnac
 
Acte Ier
Acte II
 scène 1
 scène 2
 scène 3
 scène 4
 scène 5
 scène 6
 scène 7
 scène 8
 scène 9
 scène 10
 scène 11
Acte III
 

Monsieur de Pourceaugnac


Scène III

SBRIGANI, en marchand flamand, ORONTE.

SBRIGANI: Montsir, avec le fostre permission, je suisse un trancher marchand flamane, qui foudrait bienne fous temandair un petit nouvel.

ORONTE: Quoi, Monsieur?

SBRIGANI: Mettez le fostre chapeau sur le teste, Montsir, si ve plaist.

ORONTE: Dites-moi, Monsieur, ce que vous voulez.

SBRIGANI: Moi le dire rien, Montsir, si fous le mettre pas le chapeau sur le teste.

ORONTE: Soit. Qu'y a-t-il, Monsieur?

SBRIGANI: Fous connaistre point en sti file un certe Montsir Oronte?

ORONTE: Oui, je le connais.

SBRIGANI: Et quel homme est-ile, Montsir, si ve plaist?

ORONTE: C'est un homme comme les autres.

SBRIGANI: Je vous temande, Montsir, s'il est un homme riche qui a du bienne?

ORONTE: Oui.

SBRIGANI: Mais riche beaucoup grandement, Montsir?

ORONTE: Oui.

SBRIGANI: J'en suis aise beaucoup, Montsir.

ORONTE: Mais pourquoi cela?

SBRIGANI: L'est, Montsir, pour un petit raisonne de conséquence pour nous.

ORONTE: Mais encore, pourquoi?

SBRIGANI: L'est, Montsir, que sti Montsir Oronte donne son fille en mariage à un certe Montsir de Pourcegnac.

ORONTE: Hé bien?

SBRIGANI: Et sti Montsir de Pourcegnac, Montsir, l'est un homme que doivre beaucoup grandement à dix ou douze marchanne flamane qui estre venu ici.

ORONTE: Ce Monsieur de Pourceaugnac doit beaucoup à dix ou douze marchands?

SBRIGANI: Oui, Montsir; et depuis huite mois, nous afoir obtenir un petit sentence contre lui, et lui à remettre à payer tou ce créanciers de sti mariage
que sti Montsir Oronte donne pour son fille.

ORONTE: Hon, hon, il a remis là à payer ses créanciers?

SBRIGANI: Oui, Montsir, et avec un grant défotion nous tous attendre sti mariage.

ORONTE: L'avis n'est pas mauvais. Je vous donne le bonjour.

SBRIGANI: Je remercie, Montsir, de la faveur grande.

ORONTE: Votre très humble valet.

SBRIGANI: Je le suis, Montsir, obliger plus que beaucoup du bon nouvel que Montsir m'avoir donné. (Il ôte sa barbe et dépouille l'habit de Flamand qu'il a par-dessus le sien.) Cela ne va pas mal. Quittons notre ajustement de Flamand, pour songer à d'autres machines; et tâchons de semer tant de soupçons et de division entre le beau-père et le gendre, que cela rompe le mariage prétendu. Tous deux également sont propres à gober les hameçons qu'on leur veut tendre; et, entre nous autres fourbes de la première classe, nous ne faisons que nous jouer, lorsque nous trouvons un gibier aussi facile que celui-là.


Revenir Haut Continuer

   Site-Molière (1996-2004)