Scène XI
L'APOTHICAIRE, MONSIEUR DE
POURCEAUGNAC, DEUX MUSICIENS, HUIT MATASSINS.
L'APOTHICAIRE: Monsieur, voici un petit remède, un petit
remède, qu'il vous faut prendre, s'il vous plaît, s'il vous
plaît.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC: Comment? Je n'ai que faire de cela.
L'APOTHICAIRE: Il a été ordonné, Monsieur, il a
été ordonné.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC: Ah! que de bruit!
L'APOTHICAIRE: Prenez-le, Monsieur, prenez-le: il ne vous fera
point de mal, il ne vous fera point de mal.
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC: Ah!
L'APOTHICAIRE: C'est un petit clystère, un petit clystère,
bénin, bénin; Il est bénin, bénin; là, prenez,
prenez, prenez, Monsieur: c'est pour déterger, pour
déterger, déterger.
Les deux Musiciens, accompagnés des Matassins et des
instruments, dansent à l'entour de M. de Pourceaugnac, et
s'arrêtant devant lui, chantent:
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Piglia-lo sù, Signor Monsu, Piglia-lo, piglia-lo, piglia-lo sù, Che non ti farà male, Piglia-lo sù questo servitiale; Piglia-lo sù, Signor Monsu, Piglia-lo, piglia-lo, piglia-lo sù. |
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC: Allez-vous-en au diable.
L'Apothicaire, les deux Musiciens, et les Matassins le suivent,
tous une seringue à la main. Monsieur de Pourceaugnac revient
sur le théâtre poursuivi par tous ces gens, qui ont tous la
seringue à la main. Il y retrouve l'Apothicaire, qui veut lui
donner le lavement; ce qui l'oblige à s'asseoir, et les deux
Musiciens recommencent Piglia-lo sù, etc.; et les Matassins
recommencent pareillement leur danse, comme ci-devant.